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Comment les interactions entre séismes peuvent s’expliquer à partir d’un mécanisme de friction thermiquement activé
On sait que les séismes de grande magnitude qui se produisent le long de failles tectoniques déclenchent de longues séries de répliques dans leur voisinage. À l’inverse, ils sont rarement précédés de signaux précurseurs, ce qui rend ces séismes de grande ampleur, souvent dévastateurs, difficiles à prévoir. L’origine physique de cette forte asymétrie entre ce qui se passe avant et après les séismes de grande magnitude fait encore aujourd’hui l’objet de vifs débats.
La figure montre la répartition spatiale de 200 séismes avant et après un séisme principal. Les précurseurs sont dispersés dans tout le domaine, tandis que les répliques se concentrent autour de la zone de rupture, révélant une forte asymétrie et un effet de déclenchement.
Une équipe de scientifiques d’ISTerre, basée à Grenoble et à Chambéry, a récemment proposé un modèle intégrant un nombre minimal de mécanismes physiques fondamentaux bien établis, à savoir le frottement statique dans sa forme la plus simple, c’est-à-dire sans aucune formulation empirique pour la dépendance temporelle, les transferts de contraintes élastiques, et l’activation thermique. Grâce à ce modèle, ils ont pu reproduire avec précision de nombreux aspects de la sismicité, y compris les séquences de séismes principaux et de répliques, alors que les signaux précurseurs des grands séismes restent insaisissables. De plus, l’introduction de la température d’une manière physiquement parfaitement justifiée permet d’interpréter l’éventail des comportements mécaniques observés, par exemple le long des failles de subduction à des profondeurs et donc des températures croissantes, depuis les failles bloquées glissant à travers une succession de séismes, y compris certains très importants, dans la partie supérieure « froide » d’une plaque de subduction, jusqu’aux failles glissant régulièrement et « silencieusement » dans les sections profondes « chaudes ».
L’étude complète est publiée dans : JGR Solid Earth
Références :
Weiss, J., Marsan, D. & Thiraux, P. (2026) Thermally activated static friction can explain earthquake interactions. J. Geophys. Res. 313, 2025JB032266.
Contacts scientifiques :
- J. Weiss – ISTerre, Université Grenoble Alpes, Université Savoie Mont Blanc, CNRS, IRD, Univ. Gustave Eiffel, Grenoble, France
- D. Marsan – ISTerre, Université Grenoble Alpes, Université Savoie Mont Blanc, CNRS, IRD, Univ. Gustave Eiffel, Le Bourget du Lac, France
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