Accueil
> Actualités
> A la une
> Les secrets du succès d’un bio-calcifiant majeur dans les mers du Crétacé
Les secrets du succès d’un bio-calcifiant majeur dans les mers du Crétacé
Une équipe associant micropaléontologues, géochimistes et physiciens d’ISTerre (CNRS/Université Grenoble Alpes), du CEREGE, de l’Institut Néel, de SOLEIL, et de Rutgers University, apporte un éclairage inédit sur les mécanismes de biominéralisation du squelette de Nannoconus, un genre fossile de nannoplancton calcaire et bio-calcifiant majeur dans les mers du Crétacé.
La figure présente les étapes successives de la reconstruction tridimensionnelle d’un micalithe de Nannoconus globulus. (a) Une image de microscopie électronique à balayage montre la structure du micalithe, avec deux types de lamelles calcitiques distinguées par leur orientation et leur inclinaison ; les segments individuels sont délimités. (b) La tomographie par ptychographie X révèle la structure interne, incluant la paroi et le canal central, avec une lamelle calcique mise en évidence. (c) Segmentation d’une lamelle calcitique issue des données PXCT, à une résolution de 40 nm. (d) Reconstruction d’un segment montrant l’alternance de lamelles A (jaune) et B (vert). (e) Reconstruction 3D finale du micalithe, en vues longitudinale (haut) et basale (bas), composé de 12 segments successifs, dont deux sont indiqués S1 et S2.
Durant près de 35 millions d’années, les squelettes de ces organismes ont contribué à des accumulations massives de carbonates sur les fonds océaniques, avec un impact potentiel sur la chimie de l’eau de mer. Malgré leur importance géohistorique, l’organisation fine de leur squelette et les processus de calcification associés demeuraient jusqu’ici largement méconnus.
Le squelette de Nannoconus est constitué d’un assemblage de micalithes, pièces calcitiques complexes dont la microstructure n’avait jamais été résolue à des échelles pertinentes pour discuter des mécanismes de biominéralisation. En combinant tomographie par rayons X en ptychographie (PXCT) sur la ligne SWING du synchrotron SOLEIL et microscopie électronique à balayage, cette étude fournit la première reconstruction tridimensionnelle d’un micalithe à résolution nanométrique, inférieure à l’épaisseur des lamelles le constituant.
Les résultats révèlent une organisation hautement hiérarchisée : chaque micalithe est formé de segments issus de l’empilement en spirale de lamelles de calcite selon deux inclinaisons alternées, structurant un mur autour d’un canal central. Cette géométrie impose de fortes contraintes sur les modalités de minéralisation et soutient l’hypothèse d’un contrôle biologique de cette minéralisation, impliquant des matrices organiques dans l’orientation et l’agencement des lamelles.
Cette première caractérisation ouvre la voie à des analyses comparatives à l’échelle du genre, puis de l’ordre auquel est assigné Nannoconus : les Braarudosphaerales, afin d’évaluer le rôle de la sélection morphologique au cours de leur longue histoire évolutive.
Elle souligne également l’intérêt de ces microarchitectures cristallines comme des analogues naturels pertinents pour le développement de matériaux biomimétiques dont les propriétés fonctionnelles sont contrôlées par l’organisation multi-échelle, notamment en catalyse et en biomédecine.
Le squelette de Nannoconus est constitué d’un assemblage de micalithes, pièces calcitiques complexes dont la microstructure n’avait jamais été résolue à des échelles pertinentes pour discuter des mécanismes de biominéralisation. En combinant tomographie par rayons X en ptychographie (PXCT) sur la ligne SWING du synchrotron SOLEIL et microscopie électronique à balayage, cette étude fournit la première reconstruction tridimensionnelle d’un micalithe à résolution nanométrique, inférieure à l’épaisseur des lamelles le constituant.
Les résultats révèlent une organisation hautement hiérarchisée : chaque micalithe est formé de segments issus de l’empilement en spirale de lamelles de calcite selon deux inclinaisons alternées, structurant un mur autour d’un canal central. Cette géométrie impose de fortes contraintes sur les modalités de minéralisation et soutient l’hypothèse d’un contrôle biologique de cette minéralisation, impliquant des matrices organiques dans l’orientation et l’agencement des lamelles.
Cette première caractérisation ouvre la voie à des analyses comparatives à l’échelle du genre, puis de l’ordre auquel est assigné Nannoconus : les Braarudosphaerales, afin d’évaluer le rôle de la sélection morphologique au cours de leur longue histoire évolutive.
Elle souligne également l’intérêt de ces microarchitectures cristallines comme des analogues naturels pertinents pour le développement de matériaux biomimétiques dont les propriétés fonctionnelles sont contrôlées par l’organisation multi-échelle, notamment en catalyse et en biomédecine.
L’étude complète est publiée dans : Biogeosciences
Crédits : SWING beamline proposals 20211643 and 20221681, Tellus Programme CNRS-INSU, IODP-France, TRB
Crédits : SWING beamline proposals 20211643 and 20221681, Tellus Programme CNRS-INSU, IODP-France, TRB
Références :
Chowdhury, R., Boudjehem, R., Suchéras-Marx, B., Dupraz, M., Kulow, A., da Silva, J.C., Hazemann, J.-L., Aubry, M.-P., Pérez, J., Fernandez-Martinez, A. & Giraud, F. (2026) The 3D submicron-scale skeletal reconstruction of Nannoconus (Cretaceous calcareous nannofossil) – Insights into biomineralization. Biogeosciences 23, 2023–2043. https://doi.org/10.5194/bg-23-2023-2026
Contacts scientifiques :
- Fabienne Giraud – ISTerre, Univ. Grenoble Alpes, Univ. Savoie Mont Blanc, CNRS, IRD, Univ. Gustave Eiffel, Grenoble, France
La fédération
Intranet
