Mise en lumière de l’activité cachée des failles au Pakistan grâce à la surveillance InSAR

À l’aide des données InSAR du satellite Sentinel-1, cette étude modélise la déformation tectonique actuelle de la chaîne de Sulaiman, une importante zone transpressive située le long de la limite entre les plaques indienne et eurasienne. Les simulations numériques intégrant les principales faille ; la faille de Gwal-Bagh, la faille de Harnaï, la faille de Kingri et le niveau de décollement basal ; révèlent une répartition complexe des contraintes entre mouvement chevauchant et décrochant.



Figure 4. Vitesses LOS pour la piste descendante D078. QB : bassin quaternaire. Encarts : gris clair pour Gwal–Bagh, gris moyen pour Harnaï, noir pour Kingri. Données de 2015 à 2020, avant le séisme de Harnaï 2021.


Dans la partie orientale de la chaîne, un fluage sénestre atteignant 12 mm/an est observé le long de la faille de Kingri, associé à un glissement vers l’est sur le décollement sous-jacent. Dans la partie occidentale, un fluage dextre atteignant 8 mm/an est modélisé le long de la faille de Harnaï, lié à un mouvement de chevauchement vers le sud. La faille de Gwal-Bagh présente une déformation hors séquence, probablement contrôlée par la présence de roches ophiolitiques serpentinisées favorisant le fluage.

La modélisation du séisme de Harnaï de 2021 indique une rupture sur une faille en rampe présentant une composante décrochante dominante, interprétée comme la réactivation d’un ancien chevauchement. Dans l’ensemble, les résultats confirment que la déformation au sein de la chaîne de Sulaiman est partagée entre régimes décrochant et compressif, les taux de raccourcissement actuels étant légèrement inférieurs aux estimations géologiques à long terme (15–30 mm/an).

Cette analyse InSAR intégrée affine la compréhension de la sismicité active et du comportement des failles dans l’un des domaines convergents les plus complexes d’Asie du Sud et souligne l’importance de combiner les observations InSAR et GNSS pour l’évaluation future de l’aléa sismique.





Références

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Dalal, P., Senapati, B., & Kundu, B. (2024). Co-seismic surface displacement of the June 21, 2022 MW 6 Khōst, Afghanistan earthquake from InSAR observations Geod. Geodyn., 15(3), 201–208.

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Contacts scientifiques :

  • François Jouanne – Chercheur, ISTerre – CNRS / Université Grenoble Alpes / Université Savoie Mont Blanc / IRD / Université Gustave Eiffel
  • Lea Pousse-Beltran – Chercheur, ISTerre – CNRS / Université Grenoble Alpes / Université Savoie Mont Blanc / IRD / Université Gustave Eiffel
  • Marie-Pierre Doin – Chercheur, ISTerre – CNRS / Université Grenoble Alpes / Université Savoie Mont Blanc / IRD / Université Gustave Eiffel
  • Pascale Bascou – Chercheur, ISTerre – CNRS / Université Grenoble Alpes / Université Savoie Mont Blanc / IRD / Université Gustave Eiffel
  • Franck Thollard – Chercheur, ISTerre – CNRS / Université Grenoble Alpes / Université Savoie Mont Blanc / IRD / Université Gustave Eiffel
  • Awais Ahmed – Geoscience Advance Research Laboratories, Geological Survey of Pakistan, H8/1 Islamabad, Pakistan.



Informations complémentaires

Les données complémentaires sont disponibles en ligne sur GJIRAS